Journée noire pour Wall Street
| Journée noire pour Wall Street |
Comme les autres places boursières de la planète, Wall Street a été emportée par la tempête financière lundi et a connu sa séance la plus tourmentée depuis plus de six ans. Les intervenants se font le plus grand souci pour la stabilité du système financier américain à la suite des grosses nouvelles du week-end dernier. Et il faut dire qu'il y a de quoi: entre le dépôt de bilan de Lehman Brothers, le rachat de Merrill Lynch par Bank of America et, maintenant, l'assureur American International Group qui paraît connaître de sérieux problèmes, le compartiment financier de la Bourse ploie sous les coups. L'indice Dow Jones a perdu 504,48 points (4,42%) à 10.917,51 et le S&P-500 a cédé 58,74 points (4,69%) à 1.192,96. Le Nasdaq Composite a abandonné 81,36 points (3,60%) à 2.179,91. En pourcentage, le Dow accuse sa perte la plus forte depuis juillet 2002 et le SaP-500 depuis septembre 2001. "Le marché aura beaucoup, beaucoup de mal à monter de manière significative sans les financières pour montrer le chemin; il se trouve qu'il reste bien des questions à régler les concernant", commente Tim Ghriskey (Solaris Asset Management). "AIG est un gros souci qui plane sur le marché à présent", ajoute-t-il. "Il semble qu'on ait sous-estimé l'impact d'AIG et ses retombées potentielles", note de son côté Robert Francello (fonds spéculatif Apex Capital). L'assureur américain, jadis le premier mondial par la capitalisation boursière, a passé un accord avec l'Etat de New York qui lui donne accès à 20 milliards de dollars d'actifs. Par ailleurs, le Wall Street Journal croit savoir que le gouvernement fédéral a sollicité Goldman Sachs et JPMorgan Chase pour superviser une facilité de crédit de 70 à 75 milliards de dollars destinée à AIG. Une source a confirmé l'information, précisant qu'il s'agissait pour les deux banques d'une option parmi d'autres. Lehman Brothers elle a demandé lundi à être placée sous la protection de la loi sur les faillites, conséquence d'une exposition trop grande à des actifs à risque et d'un manque de fonds propres pour assumer le risque. Selon une source proche du dossier, elle vendra certaines de ses filiales "très bientôt". Bank of America, première banque américaine par la capitalisation, pense néanmoins avoir fait une bonne affaire en reprenant Merrill Lynch car, même s'il doit affecter ses résultats dans un premier temps, il lui fera gagner, pense-t-elle, 10 ans en matière de développement. L'indice des financières dégringole de 10,41%. AIG plonge dans les abysses en abandonnant 60,79% à 4,76 dollars, tandis que Bank of America est sévèrement sanctionnée elle aussi en lâchant 21,31% à 26,55 dollars. Ces deux valeurs sont des composantes du Dow Jones. "On craint qu'elle (Bank of America) ait eu les yeux plus gros que le ventre", résume Marc Pado (Cantor Fitzgerald). Merrill Lynch finit pratiquement étale, en hausse de 0,06% à 17,06 dollars. Effet de contagion, Washington Mutual, la première caisse d'épargne américaine, décroche de 26,74% à 2,00 dollars. Goldman Sachs perd 12% et Morgan Stanley 13,5%. |