La clôture à Paris

Publié le par ludoverblog

Paris: -5% en 4 séances, BCE peu sensible au vent de déprime
(Cercle Finance) - Paris recule de -1,9% et sous-performe les autres places européennes (-1,6% en moyenne), ce qui place le CAC40 (et les gérants) dans une situation inconfortable.

La cassure du support des 4.735/4.750 pourrait s'avérer lourde de conséquence mais une succession de 4 séances de lourde correction (interrompue par la parenthèse modérément haussière de mercredi), laquelle se solde par un repli de -5,2% d'une seule traite, pourrait susciter une vague de rachats à bon compte.

Aux niveaux testés en milieu d'après-midi (4.680Pts) ce jeudi, de nombreux cours apparaissaient "bradés"... mais le contexte psychologique très déprimé n'encourageait pas les prises de risques.

La chute des places européennes s'est nettement amplifiée ce jeudi sur l'annonce d'une timide réduction de 25Pts du taux directeur de la BoE (à 5,25%) alors que les marchés espéraient une baisse de 50 points de base.

La décision de la BCE de laisser le "Repo" inchangé à 4% n'est pas une surprise mais cet immobilisme indispose les marchés car la FED, de son côté, à déjà assoupli sa politique monétaire de 125 points de base depuis le début de l'année et pourrait retrancher 50Pts supplémentaires au mois de mars (les économistes parient à 90% sur un statu quo en Europe jusqu'en juin, elle n'agira que lorsque tous les signaux techniques seront "au rouge vif").

JC Trichet concède que des incertitudes sur le rythme de la croissance sont apparues récemment et que le 'risque' penchait du côté du ralentissement de l'activité (mais "l'ancrage des anticipations inflationistes demeure la priorité des priorités").

L'euro qui chute de 0,9% à 1,45 dollar pourrait être victime du rapatriement des capitaux vers les USA par des gérants américains qui délaissent une zone économique risquant de mettre du temps à ressortir de la récession compte tenu de la rigidité de la politique monétaire de la BCE.
Le moral des investisseurs a aussi été plombé par un flot de mauvaises nouvelles en provenance des Etats-Unis. Les perspectives prudentes de Cisco Systems et les chiffres de ventes décevants (+0,5% au lieu de +2% attendu) de Wal-Mart ont en effet un peu plus soutenu le scénario d'un ralentissement des investissements des entreprises et un essoufflement de la consommation des ménages aux Etats-Unis.

L'indice des promesses de ventes dans l'immobilier a baissé de 1,5% à 85,9 au mois de décembre aux Etats-Unis. En outre l'indice de novembre a été révisé en baisse à 87,2, contre 87,6 en estimation initiale. Sur un an, les promesses de ventes dans l'immobilier se sont repliées de 24,2%.

Seul point positif ce jeudi, les inscriptions au chômage ont reculé de 22 000 pour atteindre 356 000 dossiers aux Etats-Unis lors de la semaine du 2 février.

Toujours au chapitre des indicateurs économiques, on notera le déficit commercial record de la France à 39,171 milliards d'euros en 2007 contre 28,238 milliards en 2006. Les exportations ont ralenti plus rapidement (+3% en 2007 après +9% en 2006) que les importations (+5,4% après +9,9% en 2006).

Parmi les facteurs qui ont ramené le CAC40 sous le seuil des 4.735Pts, les constructeurs automobiles figuraient en tête de liste alors que les analystes se montrent de moins en moins favorables au secteur (c'était au tour du Crédit Suisse d'abaisser son objectif de cours sur Peugeot).

Ainsi, Renault plongeait de 4,2% et signe l'une des 5 plus fortes baissse du jour, Michelin et Peugeot affichant des replis respectifs de 4,2% et -3,2%.
Alors que Cisco a déçu les marchés, Cap Gemini (lanterne rouge du CAC40)
dévissait de -4,9%, Schneider perdait -4,5% (son concurrent Legrand grappillait symétriquement +0,5%) et ST-Micro, revenu dans la zone des 8E teste des niveaux plus approchés depuis octobre... 1998.

La seule valeur en hausse au sein du CAC40 fut France Télécom qui grimpait de +3,65% (effaçant ses pertes de la veille), soutenu par un démenti du Ministère de l'économie et des finances au sujet de son désengagement du capital de l'opérateur.
En outre, sa filiale Orange a remporté 3 des 12 lots des droits de retransmission télévisuels de la Ligue 1 de football pour la période 2008-2012 pour un montant de 208 millions d'euros par an.
Dans le même temps, à Londres, British telecom s'effondrait de -9% (ce qui plombait de FT-100 de -2,5%) pour avoir manqué ses objectifs de marge et de chiffre d'affaire.

Hors CAC 40, Bourbon (-7,9%) accusait la plus forte baisse du marché SRD après la publication d'un chiffre d'affaires inférieur aux attentes des analystes. Les ventes du prestataire de services maritimes s'élèvent, au quatrième trimestre, à 198,2 millions d'euros, soit une hausse de 14% et de 24,4% en monnaie courante.

Affecté par la perspective d'un ralentissement économique, le cours du pétrole se repliait sous les 87 dollars le baril et entraînait dans son repli Total (-2%) et Vallourec (-4,25%).

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Publié dans Bourse

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