La clôture à Wall Street
| LA CLÔTURE DE WALL STREET |
par Kristina Cooke
NEW YORK (Reuters) - Les marchés actions américains sont retombés mercredi, et l'indice S&P-500 affiche désormais une baisse par rapport au début de l'année, dans le sillage d'un retour des craintes sur l'impact possible des problèmes des marchés de crédit sur le reste de l'économie.
Plombé également par des ajustements avant la coupure du Thanksgiving, l'indice Dow Jones des trente principales valeurs a clôturé en repli de 1,62%, soit 211,10 points, à 12.799,04. Il avait fini en légère hausse la veille, mais retombe maintenant in-extremis sous la barre des 13.000 points, à son plus bas niveau de clôture depuis avril.
Les marchés américains resteront fermé jeudi, jour férié aux États-Unis, et rouvriront leurs portes vendredi. Nombre d'intervenants ayant pris des congés cette semaine, la place est marquée aussi par une volatilité plus forte que d'habitude.
L'indice élargi Standard & Poor's 500, dont le parcours depuis janvier se solde maintenant par un recul de 0,11%, a fini la séance en baisse de 1,59% (22,93 points) à 1.416,77.
Le composite du marché Nasdaq, à forte composante technologique, a abandonné de son côté 1,33% (34,66 points) à 2.562,15.
Les valeurs financières ont été particulièrement malmenées, à commencer par la banque Goldman Sachs qui a trébuché de 3,7% à 209,50 dollars, ou le géant américain des services financiers Citigroup qui a lâché 2,1% à 30,73.
Les craintes du marché ont été notamment alimentées par des propos du secrétaire américain au Trésor Henry Paulson, qui a déclaré dans une interview au Wall Street Journal s'attendre à ce que les défauts de remboursement de prêts immobiliers aux États-Unis soient nettement plus élevés en 2008 qu'en 2007.
SIXIÈME SÉANCE DE BAISSE POUR LE BTP
Les valeurs des organismes de crédit spécialisés dans l'immobilier ont également souffert. Countrywide Financial a dégringolé de 8,4% à 9,42 dollars tandis que le premier assureur américain par la capitalisation boursière, American International Group, a touché un plus bas de deux ans et demi (-5,7% à 51,33) à l'idée que son exposition au marché du "subprime" puisse être plus importante qu'annoncé.
AIG a pesé à la fois sur le Dow et sur le S&P-500.
"C'est encore et encore la même histoire. On s'inquiète à cause du crédit, on redoute d'éventuelles dépréciations futures et on craint pour la croissance de l'économie américaine", résume Edward Bretschger de Calyon Securities.
"On dirait que les investisseurs ne parviennent tout simplement pas à se libérer des angoisses liées au secteur financier", ajoute Bucky Hellwig de Morgan Asset Management.
Les constructeurs de maisons ont connu pour leur part leur sixième séance consécutive de baisse. Le sous-indice du secteur a dévissé de 5,6% et le groupe Pulte Homes a touché un plus bas de six ans, chutant sur la séance de 12,7% à 9,25 dollars.
Si les cours du pétrole ont terminé la journée en baisse, le brut léger US s'est encore aventuré en terrain inédit pour frôler cette fois la barre des 100 dollars le baril. Les principaux industriels, grands consommateurs d'énergie, s'en sont ressentis, General Electric perdant par exemple 2,3% à 37,17 dollars.
Pour compléter le tableau, l'indice de confiance du consommateur américain publié par Reuters et l'Univestié du Michigan s'est encore dégradé en novembre, enfonçant un plus bas de deux ans .
De surcroît, au seuil de la saison des fêtes de fin d'année, stratégique pour la distribution et dont Thanksgiving, jeudi, donne traditionnellement le coup d'envoi aux États-Unis, la chaîne de magasins de vêtements Gap a publié des prévisions décevantes , sanctionnées par un recul de l'action de 6,1% à 18,96 dollars.