La clôture à Wall Street
NEW YORK (Reuters) - De nouvelles secousses sur le marché du crédit et la révision à la baisse des perspectives du géant de la distribution Wal-Mart ont provoqué mardi un net recul de Wall Street.
A la prudence de Wal-Mart, baromètre des dépenses des ménages américains, avant l'ouverture s'est ajoutée l'annonce par le fonds d'investissement Sentinel du gel de ses rachats de parts pour éviter une liquidation forcée.
"Il n'y a eu aucune bonne nouvelle aujourd'hui", a déclaré Gail Dudack, un stratège d'investissement. "Mais le gros nuage noir reste les problèmes de liquidités camouflés dans des portefeuilles et qui n'ont pas encore été annoncés."
Le Dow Jones a cédé 207,61 points ou 1,57% à 13.028,92, son plus bas de clôture depuis le 24 avril.
Le S&P a abandonné 26,38 points ou 1,82% à 1.426,54 et le composite du Nasdaq a perdu 43,12 points ou 1,7% à 2.499,12.
Wal-Mart, numéro un mondial de la grande distribution, a évoqué un environnement difficile pour la consommation en raison du ralentissement du marché immobilier. Le titre a décroché de 5,1% à 43,82 dollars.
Un autre poids lourd du Dow, le numéro un mondial du bricolage Home Depot, a publié un chiffre d'affaires trimestriel en baisse pour la première fois en plus de quatre ans, invoquant lui aussi les problèmes de l'immobilier. Son action a dévissé de 4,9% à 33,52 dollars.
LES BANCAIRES MALMENEES
Sentinel Management Group a affecté les valeurs financières, également malmenées par l'avertissement de deux fonds canadiens. Ces derniers ont déclaré qu'ils ne trouvaient pas les liquidités nécessaires pour rembourser de la dette titrisée arrivée à échéance.
La banque suisse UBS, numéro un mondial de la gestion de fortune, a parallèlement prévenu que ses résultats du second semestre à venir afficheraient sans doute une baisse par rapport à ceux du second semestre 2006.
Les valeurs des grands courtiers affichent parmi les plus fortes baisses de l'indice élargi S&P 500, de Goldman Sachs (-4,37% à 169,75 dollars) à Lehman Brothers (-6,34% à 53,67).
Countrywide Financial, le premier prêteur immobilier des Etats-Unis, a lourdement chuté de 8,1% à 24,46 dollars après avoir annoncé que le nombre de ses saisies et défauts de paiement avait atteint en juillet son plus haut niveau depuis plusieurs années.
Thornburg Mortgage s'est effondré de 46,7% à 7,61 dollars après l'abaissement par plusieurs analystes de leur recommandation sur le prêteur immobilier. Les échanges sur le titre ont dû être suspendus avant la clôture.
Seul le fabricant de logiciels VMware s'est distingué à contre-courant en bondissant de 75% à 51,00 dollars à l'occasion de son introduction en Bourse.
Ni la statistique des prix à la production qui, hors énergie et alimentation, n'ont augmenté que de 0,1% en juillet, deux fois moins qu'attendu, ni les chiffres du déficit commercial, qui s'est réduit contrairement aux attentes, n'ont réussi à soutenir les indices.