La clôture à Wall Street
| LA CLÔTURE DE WALL STREET |
NEW YORK (Reuters) - Wall Street a nettement rebondi lundi sur des rachats à bon compte de valeurs malmenées la semaine dernière, ce qui a permis à l'indice Dow Jones de réaliser sa meilleure séance en pourcentage depuis juin 2003.
Outre les financières, mises à rude épreuve ces derniers temps par la crise du crédit immobilier à risque ("subprime"), les investisseurs ont privilégié des titres liés à des produits de consommation, susceptibles de résister à un ralentissement de l'activité économique américaine.
Le marché est cependant resté volatil après les lourdes pertes de vendredi, les plus fortes en pourcentage depuis le 27 février, motivées par les craintes d'un renchérissement des conditions de crédit qui pèserait sur les possibilités d'emprunt.
L'indice Dow Jones a fini sur un gain de 286,87 points, soit 2,18%, à 13.468,78 points. Le Standard & Poor's 500 a gagné 34,61 points, soit 2,42%, à 1.467,67 et le Nasdaq Composite a repris 36,08 points, soit 1,44%, à 2.547,33.
"C'est un peu la chasse aux bonnes affaires. Il faut maintenant digérer toutes ces informations sur le marché du crédit et les investisseurs cherchent à déterminer où la crise pourrait s'étendre et quelles entreprises pourraient être contaminées", a indiqué Giri Cherukuri, trader chez OakBrook Investments, à Lisle (Illinois).
Les volumes ont été importants. Environ 2,29 milliards d'actions ont changé de mains sur le New York Stock Exchange, contre 1,84 milliard en moyenne l'an dernier. Sur le Nasdaq, environ 2,80 milliards de titres ont été échangés, contre 2,02 milliards l'an denier en moyenne.
Les hausses ont dépassé les baisses dans un rapport de 6 pour 5 sur le Nyse mais sur le Nasdaq, les baisses ont surpassé les hausses dans un rapport de 8 contre 7.
L'indice de volatilité du CBOE, considéré comme un "baromètre de la peur" à Wall Street, a néanmoins atteint lundi matin un pic de plusieurs années.
"Aujourd'hui, le marché est tiré par les valeurs financières, devenues plutôt attrayantes (après leurs pertes de la semaine dernière). Elles ont tellement baissé qu'elles ne peuvent que remonter", a résumé Joe Saluzzi, chez Themis Trading, à Chatham (New Jersey).
A la clôture vendredi, les financières affichaient une chute de 12,7% sur l'année.
LA CONSTRUCTION TOUJOURS MALMENÉE
Fannie Mae et Freddie Mac, les deux principaux établissements américains spécialisé dans le refinancement hypothécaire, ont fait un bond de respectivement 10,37% à 62,50 dollars et 7,72% à 60,00 dollars. Les deux titres ont bénéficié de spéculations sur une levée des restrictions réglementaires limitant la taille de leurs portefeuilles.
Une telle levée permettrait aux deux établissements de renforcer considérablement leurs portefeuilles d'investissement, dont la valeur combinée atteint déjà 1.400 milliards de dollars.
Wells Fargo, qui a annoncé un important programme de rachat d'actions, a fini sur un gain de 5,94% à 34,76 dollars.
Un relèvement de recommandation a profité au titre Merrill Lynch, qui s'est adjugé 6,42% à 74,55 dollars.
NovaStar Financial, société spécialisée dans le crédit subprime, a gagné 5,94% à 6,78 dollars après avoir annoncé qu'il reprendrait dès mardi le financement de certains prêts suspendu en fin de semaine dernière.
Bear Stearns, pourtant particulièrement exposé au risque du subprime en raison des difficultés de plusieurs de ses fonds investis sur ce marché, s'est adjugé 5,04% à 113,81 dollars. A la clôture, Goldman Sachs a cependant annoncé qu'il réduisait son objectif de cours sur le titre de 180 à 135 dollars.
Certaines valeurs de la construction ont continué à pâtir des problèmes du crédit immobilier. Parmi elles, Standard Pacific a chuté de 13,37% à 10,56 dollars.
Après une série d'indicateurs macroéconomiques décevants qui font craindre une croissance économique molle aux Etats-Unis, le fabricant de produits de grande consommation Procter & Gamble a figuré parmi les plus fortes hausses du Dow et du S&P 500. L'action s'est adjugé 3,37% à 65,00 dollars.
Dans ce concert de fortes hausses, les valeurs liées à l'énergie sont apparues à la traîne, les cours pétroliers accentuant leur repli après le plus haut historique touché le 1er août par le brut américain à 78,77 dollars. Chevron n'en a pas moins gagné 1,23% à 82,02 dollars.
Contre la tendance, le fabricant d'assistants personnels Palm a cédé 0,98% à 14,13 dollars, la perspective d'un resserrement du marché du crédit jetant une ombre sur un projet d'endettement de 400 millions de dollars, annoncé en juin.
Cet endettement nouveau, ainsi que 325 millions de dollars tirés de la cession d'une participation de 25% au fonds d'investissement Elevation Partners, doit notamment permettre au groupe d'effectuer un paiement spécial à ses actionnaires.
"Les investisseurs s'interrogent sur l'opportunité de cette transaction à la lumière de l'évolution du marché du crédit", a indiqué Jonathan Goldberg, analyste de Deutsche Bank.