La clôture de Wall Street

Wall Street finit en nette baisse avec 3M et l'emploi américain
Les marchés actions américains ont terminé vendredi en forte baisse, creusant leurs pertes en fin de séance dans le sillage d'un avertissement de l'industriel 3M sur ses résultats et d'une statistique de l'emploi traduisant moins de créations de postes que prévu mais des pressions inflationnistes. L'indice Dow Jones des trente principales valeurs a perdu 1,2%, soit 134,63 points, à 11.090,67, l'indice élargi Standard & Poor's 500 a reculé de 0,67% (8,60 points) à 1.265,48 et le composite du marché Nasdaq, à forte composante technologique, a abandonné 1,16% (25,03 points) à 2.130,06. Sur l'ensemble de cette première semaine de juillet, le Dow a perdu environ 0,5%, le S&P-500 0,4% et le Nasdaq 1,9%. L'industriel diversifié 3M, valeur du Dow et baromètre de l'économie américaine, a chuté de 8,96% à 74,10 dollars, sa plus forte baisse en pourcentage depuis plus de huit ans, après avoir prévenu que ses résultats du deuxième trimestre et de l'ensemble de l'année égaleraient ou manqueraient les prévisions des analystes , une mauvaise nouvelle au seuil d'une nouvelle saison de publications de sociétés. Wall Street a également mal réagi à la statistique de l'emploi de juin, dont les intervenants pensaient qu'elle pourrait être plus vigoureuse que prévu. L'indicateur a au contraire réservé deux mauvaises nouvelles aux investisseurs actions, avec d'une part l'annonce de 121.000 créations de postes, bien moins que les 185.000 anticipées, et d'autre part une hausse du salaire horaire moyen venue raviver les craintes d'inflation par les salaires . Cet indicateur a des implications contradictoires pour la politique monétaire de la Fed, puisqu'il étaye le scénario d'un ralentissement progressif de l'économie tout en soulignant de possibles tensions inflationnistes. Les valeurs liées au marché du travail ont été affectées par l'indicateur, comme Monster Worldwide, qui exploite le premier site de recrutement en ligne des États-Unis et qui a perdu 2,91% à 38,68 dollars, ou le groupe d'intérim Manpower qui a trébuché de 1,72% à 63,36. "Les entreprises qui avaient peut-être anticipé des besoins plus grands en terme d'embauche ont appuyé sur le frein", résume Steve Wolfe, professionnel du secteur. Ses collègues et lui s'attendent à une reprise des créations d'emplois au second semestre, mais le cycle de hausse de taux engagé par la Réserve fédérale en juin 2004 et le prix très élevé de l'essence sont d'ores et déjà montrés du doigt pour expliquer la déception des derniers chiffres publiés par le département du Travail. "Le fait que l'économie ralentit devient plus palpable pour les investisseurs", ajoute Michael Pento, stratège chez Delta Global Advisors. "On le voit à travers la croissance du nombre de créations d'emploi et le 'warning' de 3M. Ce ne sont pas de bonnes nouvelles pour les résultats de sociétés". GENERAL MOTORS TIRE SONT ÉPINGLE DU JEU La mauvaise orientation de Wall Street a éclipsé la performance de General Motors, qui a tiré son épingle du jeu en gagnant 0,96% à 29,48 dollars après que le conseil d'administration du constructeur automobile américain eut approuvé l'ouverture de discussions exploratoires en vue d'une alliance à trois avec Nissan et Renault . GM a signé en journée la meilleure performance des valeurs du Dow. Le Nasdaq a souffert quant à lui d'une chute de 4,86% à 36,04 dollars de l'action Starbucks, la chaîne de coffee-shops ayant fait état d'une hausse de 6% des ventes de ses enseignes ouvertes depuis au moins 13 mois, un résultat qui s'inscrit dans le bas de la fourchette des prévisions d'analystes. Le fabricant de microprocesseurs Advanced Micro Devices a perdu de son côté 1,13% à 23,56 dollars après avoir revu en forte baisse ses prévisions de chiffre d'affaires pour le deuxième trimestre. |