La clôture de Wall Street

Wall Street dévisse après les propos de Bernanke sur l'inflation
Les marchés actions américains ont terminé en forte baisse lundi, une mise en garde du président de la Fed sur les risques d'inflation ayant conduit les principaux indices à creuser leurs pertes en fin de journée. Le Dow Jones des 30 principales valeurs a dévissé de 1,77%, soit 199,15 points, à 11.048,72, l'indice élargi Standard & Poor's 500 a perdu 1,78% (22,93 points) à 1.265,29 et le Nasdaq Composite, à forte composante technologique, a chuté de 2,24% (49,79 points) à 2.169,62, revenant ainsi dans le rouge sur l'année. Wall Street était déjà orientée à la baisse auparavant, la crainte d'un ralentissement de l'économie conduisant notamment le Nasdaq à enfoncer une résistance technique importante de 2.200 points. Le mouvement de vente s'est ensuite intensifié quand Ben Bernanke a déclaré, au cours d'une conférence à Washington, que la banque centrale américaine devait rester vigilante pour s'assurer que l'inflation demeure sous contrôle, et ce même si l'économie commence à donner des signes de ralentissement. Au cours de l'édition 2006 de la Conférence monétaire internationale, organisée par l'Association des banquiers américains, Bernanke s'est dit préoccupé par la hausse de l'inflation "core", à des niveaux qui, "s'ils se maintiennent", s'inscriront dans le haut, voire au-delà, de la fourchette jugée conforme à la stabilité des prix. "Au vu des récents développements, les perspectives d'inflation à moyen terme feront l'objet d'une surveillance particulière", a-t-il ajouté. Ces propos ont conduit les marchés à terme à juger plus probable une hausse de taux à l'issue du prochain FOMC des 28 et 29 juin, alors que Wall Street espère une pause prochaine dans le cycle de resserrement monétaire de la Fed. Les futures évaluent désormais à 64% les chances d'avoir un 17e tour de vis d'affilée ce mois-ci, contre 48% vendredi après la déception de la statistique de l'emploi de mai. Les valeurs les plus sensibles à tout durcissement des conditions d'accès au crédit - les financières - ont été particulièrement affectées comme Citigroup qui a abandonné 1,04% à 49,62 dollars. Celles qui sont les plus exposées aux risques de ralentissement cyclique de l'économie, comme le géant des engins de chantier Caterpillar ou le groupe industriel diversifié 3M, ont perdu respectivement 4,78% à 39,33 et 2,16% à 82,95 dollars. BIOTECHS DANS LE ROUGE MALGRÉ LE RETOUR DU TYSABRI Les valeurs des biotechnologies ont souffert quant à elles des restrictions ayant accompagné le feu vert de la FDA au Tysabri contre la sclérose en plaques. L'indice du secteur a trébuché de 3,57%, le fabricant de la molécule Biogen a dévissé de 4,86% à 45,39 dollars et son distributeur Elan a chuté de 12,96% à 16,52. Le Tysabri, retiré l'an dernier après avoir été lié à une affection du cerveau rare mais potentiellement mortelle, peut maintenant faire son retour sur le marché, mais à certaines conditions. L'autorité américaine de santé impose notamment aux médecins, aux pharmacies et aux patients de s'inscrire auprès des deux laboratoires avant de pouvoir prescrire, distribuer ou recevoir le traitement. Une rumeur selon laquelle Movie Gallery serait une cible d'OPA pour le géant de l'internet Amazon a permis en revanche à la deuxième chaîne américaine de location de vidéo de flamber de 17,26% à 6,86 dollars. Le deuxième constructeur américain de maisons Pulte Homes, qui a abaissé vendredi ses prévisions de résultats, a dévissé quant à lui de 5,04% à 29,75. |