jeudi 27 avril 2006 17:51 (Cercle Finance) - Ben Bernanke confirme que la FED s'apprête à marquer une pause dans son cycle de resserrement des taux d'intérêt et c'est la principale indication sur laquelle Wall Street tablait pour enrayer un mouvement de correction généralisée sur les places occidentales (le Nasdaq cédait -0,6% dès l'ouverture, il gagne ce soir +0,9%) avec un repli global de -1,2% sur l'Euro-Stoxx et jusqu'à -1,6% à Paris (le CAC40 chutant jusque sur 5.170Pts vers 13H puis de nouveau vers 15H45).
Si les indices boursiers ont entamé un spectaculaire rebond aussitôt connues les intentions de la FED, le Dollar s'est symétriquement replié de -0,8% supplémentaires pour toucher un nouveau plancher de 1,2550/E et 113,90Yen. Mais le repli du billet vert depuis 10 jours n'impacte guère les actions exportatrices de la zone Euro et le rebond des marchés obligataires à soulagé beaucoup d'investisseurs qui s'inquiétaient de voir le rendement des Bunds franchir le cap des 4% et celui des T-Bonds s'envoler au-dessus des 5,1%. De fait, Paris a repris la moitié du terrain perdu ce midi et ne cédait plus que 0,74% au final, l'Euro-Stoxx -0,48% dans le sillage de Francfort, Londres ou Amsterdam (en repli de -0,6%). Sur le front des statistiques, le nombre de demandeurs d'emplois aux USA a progréssé de +10.000 du 15 au 22/04 (à 315.000). L'intervention de Ben Bernanke devant la Commission économique du Congrès a permis de sauver les meubles ce jeudi mais la FED n'écarte pas l'hypothèse de nouveaux tours de vis -après une période d'évaluation de quelques mois- si elle identifiait des risques d'inflation de "second tour" découlant de la flambée des matières premières. Et si les indices boursiers ont plongé en fin de matinée, c'est aussi en réaction à un communiqué -non pas de la FED- mais de la banque Centrale Chinoise qui vient d'opérer un relèvement à 5,85%(contre 5,58%) de son taux central (soit +27Pts) qui s'applique à l'ensemble des crédits, et ce pour la première fois depuis 18 mois. Cette mesure, plus radicale que le renforcement du montant des réserves obligatoires des établissements de crédit, a eu pour conséquence immédiate de provoquer une forte hausse du Yen (la devise nippone étant largement arrimée au Yuan depuis le début du 21ème siècle) qui s'est amplifiée après l'intervention de Ben Bernanke: la Banque Centrale japonaise va devoir réagir car le plongeon du Dollar ne va pas être du goût de Tokyo la nuit prochaine.
A Paris, ou 80% des titres terminent dans le rouge (dans un fort volume de 6,4MdsE sur le CAC40 et 8MdsE sur le SBF-250), ce sont les valeurs énergétiques qui ont le plus souffert, à l'instar de Total et Suez (-1,2% et -1,6%), Gaz de France (-2%) et EDF (-4,2%). Les "produits de base" et matériaux de construction ne sont pas épargnés puisque l'Air Liquide chute de -1,7%, Lafarge et saint Gobain perdent également -1,85%.
Les résultats trimestriels dévoilés ce matin portent également leur part de responsabilité dans la baisse des indices, avec performances très décevantes de la part d'entreprises telles qu'Alcatel ou Business Objects (-6,8% et -12,3% respectivement... pour cause de recul des profits ou du chiffre d'affaire au "T1" 2006: beaucoup d'entreprises font état de fortes pressions sur les marges dans un environnement de plus en plus concurrentiel); Wavecom plonge de -14,4% après avoir flirté avec les -20% au cours des 1ers échanges.
France Télécom restait stable 18,61 euros, après avoir fait part ce matin d'un chiffre d'affaires de 12,8 milliards d'euros au 1er trimestre , là où les analystes attendaient en moyenne 12,6 milliards d'euros.
PPR se replie pour sa part de 0,75% en dépit de la parution d'une croissance de 4,2% des ventes dans la distribution et de 18,4% dans le luxe, deux performances légèrement meilleures que prévu.
Alstom (+5,3% à 73,5E) affichait de son côté l'une des plus fortes hausses du SRD, alors que Bouygues (+2,2%) a annoncé ce matin avoir acquis pour environ 2 milliards d'euros, la part de 21,03% détenue par l'Etat dans le fabricant de TGV et de turbines électriques. Alstom pâtissait depuis le début du mois d'avril des rumeurs de désengagement de l'Etat: cette hypothèque est enfin levée.
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