La clôture de Wall Street

Wall Street finit en baisse avec Merck et avant l'emploi
NEW YORK (Reuters) - Les marchés boursiers américains ont clôturé en baisse dans l'ensemble jeudi sous l'effet conjugué de la baisse de Merck à la suite d'un revers juridique et à la veille de la publication des chiffres sur l'emploi. Le Dow Jones a cédé 23,05 points, soit 0,21%, à 11.216,50 et le S&P-500, plus large, a perdu 2,52 points (0,19%) à 1.309,04. Le Nasdaq Composite a avancé de son côté de 1,42 point (0,06%) à 2.361,17. La publication de documents selon lesquels George Bush aurait autorisé des fuites dans les médias d'informations confidentielles sur l'Irak a également pesé sur la tendance. Selon Lewis "Scooter" Libby, un ancien directeur de cabinet du Dick Cheney, le vice-président américain lui avait dit que George Bush avait autorisé la divulgation d'informations secrètes sur l'Irak aux médias en 2003, lit-on dans des documents transmis par des procureurs dans le cadre de l'affaire des fuites de la CIA. "L'annonce selon laquelle Bush aurait été au courant ou aurait peut-être autorisé les fuites (de renseignements) pèse sur la tendance", note Tom Schrader, de Stifel Nicolaus Capital Markets. "Si cela menace la présidence Bush, les investisseurs vont certainement vendre parce que c'est un républicain favorable au milieu des affaires", ajoute-t-il. "Cela pourrait causer des dégâts politiques, ce qui limiterait certainement sa capacité d'action et cela inquiète clairement les investisseurs". Ce genre d'incertitudes pourrait pousser des intervenants à prendre des bénéfices après la récente hausse des principaux indices à des niveaux inconnus depuis cinq ans, note John O'Brien, de KeyBanc Capital. Les déclarations de Michael Moskow, président de la Réserve fédérale de Chicago, qui a souligné dit que la Fed se tenait prête à agir si nécessaire pour étouffer dans l'oeuf toute pression inflationniste, ont également retenu l'attention des boursiers. La hausse du brut a également pesé sur les cours. Le contrat mai du Nymex a terminé à son plus haut en clôture depuis le 30 janvier non loin de 68 dollars le baril. Le marché a été influencé par les craintes concernant les réserves d'essence des Etats-Unis, annoncées mercredi en baisse plus forte que prévu pour la semaine dernière, tandis que l'Opep a signalé son impuissance à freiner l'envolée des cours. MERCK EN BAISSE Parmi les plus nets reculs du Dow et du S&P, Merck a perdu 3,2% à 34,84 dollars, après avoir accusé en séance sa plus forte baisse en quatre mois. Un jury a estimé mardi que le laboratoire n'avait pas suffisamment prévenu un patient traité au Vioxx des risques cardiovasculaires liés à la prise du médicament et lui a ordonné de payer au moins 4,5 millions de dollars de dommages et intérêts. Merck est menacé par des milliers de poursuites sur le Vioxx. L'indice des pharmaceutiques a cédé 0,59%. Les distributeurs américains ont publié des ventes moroses pour mars, le fait que Pâques tombe en avril cette année ayant limité la demande de produits saisonniers, mais les grandes chaînes comme Wal-Mart Stores et Target ont dit prévoir un rebond des ventes en avril. Wal-Mart a cédé 0,66% à 46,56 dollars. Le distributeur de vêtements Talbots a revu en baisse ses prévisions de bénéfices pour le premier trimestre, citant de nouvelles promotions et une baisse des ventes de sa collection, provoquant une baisse de 5,15% du titre à 24,70 dollars. Le conglomérat industriel diversifié 3M a en revanche bondi de 5,06% à 81,38 dollars, sa plus forte hausse en près de 18 mois, après avoir relevé ses prévisions pour le premier trimestre. Aux technologiques, le service de musique en ligne Napster s'est distingué par une envolée de 20,18% à 4,05 dollars après avoir révisé à la hausse ses prévisions de bénéfices trimestriels grâce à une forte croissance de ses abonnés. Sur le plan macroéconomique, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont baissé contre toute attente à 299.000, leur plus bas niveau depuis la mi-février, alors que les économistes les attendaient en hausse à 305.000. La statistique a ravivé les craintes de voir la Réserve fédérale poursuivre son durcissement monétaire pour endiguer les pressions inflationnistes. |