Wall Street plombée par un retour des craintes sur le crédit
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Wall Street a terminé en baisse sensible mercredi, les mauvais résultats de la banque Morgan Stanley étant venus raviver la crainte que la crise des marchés de crédit soit encore loin d'être finie.
L'indice Dow Jones des trente principales valeurs a clôturé en baisse de 1,08%, soit 131,24 points, à 12.029,06, son plus bas niveau en trois mois. Le Dow a enfoncé en séance la barre des 12.000 points pour la première fois depuis le 18 mars, période marquée alors par le choc de la quasi-banqueroute de la banque Bear Stearns.
Le S&P-500, plus large, a abandonné quant à lui 0,97% (13,12 points) à 1.337,81, et le Nasdaq Composite, à forte composante technologique, a trébuché de 1,14% (28,02 points) à 2.429,71.
La troisième banque d'investissement américaine à publier cette semaine, Morgan Stanley, a fait état d'une chute de son bénéfice malgré des plus-values . Si le titre est parvenu à finir en légère hausse de 0,25% à 40,69 dollars, il a touché en séance un plus bas de 37,42.
L'indice S&P des valeurs financières n'a pas eu cette chance et a lâché 1,21%, affecté aussi par une chute de 27,3% à 9,26 dollars de l'action Fifth Third Bancorp. La banque régionale a annoncé avoir besoin de deux milliards de dollars pour faire face à des pertes sur créances. Elle a de surcroît réduit drastiquement son dividende, de 66%.
FEDEX ET LE BRUT PÈSENT AUSSI
Wall Street a également été pénalisée par les prévisions pessimistes de FedEx, entreprise baromètre de l'économie américaine . Le géant du transport de colis a clôturé en baisse de 2,05% à 82,60 dollars.
La place n'a pas pu compter non plus jusqu'au bout sur le soutien du pétrole, qui continue de connaître une grande volatilité. Les indices boursiers ont été soutenus un temps par une détente du prix du baril dans la perspective d'une augmentation de la production saoudienne et dans le sillage d'une baisse moins forte que prévu des stocks américains de brut.
Mais le pétrole est ensuite reparti à la hausse en fin de séance, une mauvaise nouvelle pour le pouvoir d'achat des consommateurs et les marges des entreprises. Le marché a réagi aux propos de la Maison blanche, selon lesquels il ne faut pas attendre une annonce de Ryad ce week-end, et à la menace d'une grève au Nigeria.
Du côté des quelques valeurs en hausse, Pfizer a fini sur un gain de 0,28% à 17,77 dollars - sous un plus haut du jour de 18,54 - après avoir annoncé un accord à l'amiable avec Ranbaxy Laboratories, prévoyant que ce dernier pourra commencer à commercialiser aux États-Unis une version générique de l'anticholestérol Lipitor d'ici la fin 2011, soit cinq mois plus tard que les analystes l'anticipaient.
Boeing a profité quant à lui de la décision du GAO américain de recommander la réouverture de l'appel d'offres pour le contrat des avions ravitailleurs . Le constructeur aéronautique, grand perdant de ce match à 35 milliards de dollars, a fini sur un gain de 0,36% à 74,65, tandis que son concurrent Northrop Grumman, qui a remporté le marché en mars avec EADS, a trébuché de 1,52% à 70,01.