La clôture à Paris

Publié le par ludoverblog

CAC40: la pire séance en 20 ans, la BCE reste silencieuse !
(CercleFinance.com) - D'un point de vue aussi "fondamental" que "technique", mais également psychologique -en excluant un choc exogène de type "putsh de Moscou" ou "11 septembre"- cette séance du lundi 17 mars est peut être la pire observée depuis la mi-octobre 1987: le degré de perte de confiance des investisseurs est d'une profondeur rarement observée, comme en témoignent des rendements de 1,3% sur des T-Bonds à "2 ans" et 3,35% sur du "10 ans".


Dans ce contexte de fuite éperdue vers la qualité, l'ex support des 4.505Pts (du 22 janvier) est devenu résistance pour le CAC40 (-3,5%) qui vient de s'enfoncer ce midi jusque sous les 4.420Pts avant de reprendre laborieusement une vingtaine de points au cours de l'après-midi.

A Wall Street -qui était attendu en repli de -2% dès l'ouverture- le Dow Jones (-1,2%) a réussi à faire illusion au cours de la 1ère heure de cotations grâce au bond initial de +12% de JP-Morgan qui met la main sur Bear Stearns (avec la bénédiction de la FED et d'Henry Paulson) pour 1% de la valeur boursière du groupe au 1er mars dernier (soit une mise de 236 millions de $ pour s'offrir la 5ème banque d'affaire des USA !) : si cela peut apparaître comme un "joli coup"... il faut tenir compte des pertes symétrique subies par les actionnaires puis surtout les futurs retraités de Bear Stearns (alors que des licenciement massifs -au sein d'effectifs voisins de 14.000- sont anticipés à brève échéance).

Dans le même temps, la Réserve fédérale, qui "securise" 30Mds$ d'actifs de Bear Stearns et pensait rassurer les marchés en abaissant de 25 points de base son taux d'escompte à 3,25% ce dimanche, a jeté de l'huile sur le feu en amplifiant le climat d'inquiétude ambiant (alimentant le cruel petit jeu du... "à qui le tour"): Lehman Brother -dégradé par UBS (qui s'y connait en matière de déboires sur les "subprime") perdait -38% à l'ouverture (la plus forte chute de l'histoire, avant un "sursaut" à -22%) et le N°1 Citigroup abandonne -7% et pulvérise le plancher -également historique- des 20$.

Cette décision du week-end end de la FED (à la veille d'une baisse de 100Pts de base du Prime Rate ?) a d'ailleurs fortement contribué à une nouvelle chute du dollar à un nouveau plus bas absolu face à l'euro, qui a inscrit ce lundi un nouveau record à 1,5905 dollar. L'euro progresse ainsi cet après-midi de 0,65% face au billet vert à 1,5780 dollar pour un euro.

La chute du dollar a elle-même alimenté mécaniquement la flambée des prix de pétrole : le baril de " light sweet crude " lors des échanges en Asie a établi un nouveau pic historique de 111,80 dollars ce matin, mais s'inscrit actuellement en baisse de 3% à 107,7 dollars.

Par ailleurs, une nouvelle rafale de mauvaises statistiques américaines viennent peser sur le moral des investisseurs (et des cambistes): l'activité de l'industrie dans l'Etat de New York s'est établie en mars nettement en dessous du plus bas de novembre 2001, à -22,2 après -11,7 en février. La production industrielle américaine a en outre reculé de 0,5% en février par rapport à janvier.

Et le tableau -très noir de ce lundi- ne serait pas complet sans le "profit warning" de Siemens (qui révèle l'inscription d'une charge d'environ 900 millions d'euros pour le trimestre en cours), qui a chuté jusqu'à -20% (-17,5% à 17H) et enregistré ainsi la plus forte baisse en une seule séance de son histoire.

Sur le CAC40, Alstom s'effondre de -8,6% (dans le sillage de Siemens), les valeurs financières de -7% en moyenne (à commencer par Société générale qui chute de -8,4% et Axa de -6%... et les exportatrices vont au tapis, à l'image d'EADS (-12,7%) ou Cap Gemini (-7,75%).

Air France-KLM est également dans le rouge (-4,4%) alors qu'Alitalia a accepté l'offre de rachat du groupe franco-néerlandais d'une action Air France-KLM pour 160 actions de la compagnie italienne.
Seuls Air Liquide (+0,4%) et France Télécom (+0,15%) surnagent dans un océan que l'on croirait constitué de "rouge vif"... après que 100% des valeurs du SBF-250 se furent inscrites simultanément en repli (de -3,8% en moyenne) vers 14H30 (une autre 1ère historique ?).

La chute de -5% de Hong Kong et Bombay ce matin annonçaient des ruptures indicielles majeures qui sont largement confirmées en Europe (environ -4,5% pour l'Eurotop-100, -3,6% pour l'E-Stoxx50) et aux USA (-2,3% pour le "S&P-500" qui enfonce 1.260, -2,5% pour le Nasdaq).

Le silence de la BCE en cette période de crise aigüe a de quoi intriguer: George Bush, Henry Paulson, Ben Bernanke Dominique Strauss Kahn... sont sur la brèche ou se sont clairement exprimés soit pour rassurer ou exposer leur inquiétude en ce terrible lundi noir.

La FED semble agir seule sur le front des taux... et ses "gestes" à répétition s'avèrent ainsi sans effets positifs sur la confiance des marchés: tout ce qui précède semble démontrer que face à une crise systémique globale et d'une ampleur sans précédent, il n'existe plus de véritable coopération entre les deux principales banques centrales de la planète.
Christian Noyer et JC trichet ont reconnu -il y a 2 mois- n'avoir pas prévenu Ben Bernanke des causes réelles du "trou d'air" des 21 au 23 janvier dernier... laissant la FED prendre seule l'intiative face à un "accident technique" -et non systémique- survenu sur le sol français.


Publicité

Publié dans Bourse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article