La clôture à Paris

Publié le par ludoverblog

Paris: séance d'anthologie, un sentiment de malaise demeure.
(Cercle Finance) - Cette séance est vraiment historique à tous points de vue puisque Paris a battu un record de volatilité (8,85% d'écart entre le plus bas du jour inscrit à 4.
505 et 4.904, le zénith matérialisé vers 17H10) mais également d'activité avec 15,5MdsE de volume sur les 40 vedettes du CAC (qui affiche 2,07% de hausse... à comparer avec +1,8% sur l'Eurotop-100 et +3,5% sur le SBF-80).

La FED aurait décidé d'agir dès lundi soir et elle a frappé fort, très fort en abaissant son taux directeur de -75Pts à 3,5%. Il s'agit du geste le plus massif de l'histoire et cela semble fonctionner: le climat de Krach boursier qui régnait en Asie puis en Europe ce mardi matin ne traversera pas l'Atlantique... tout du moins pas ce mardi.

Les opérateurs ne pourront s'empêcher de s'interroger sur la pertinence de la stratégie de la FED, laquelle aurait trop tardé à prendre la mesure des conséquances de la crise du "subprime" (qui a éclaté il y a déjà plus de 10 mois... mais à l'époque, tous les acteurs du secteur du crédit (banquiers, réassureurs, SIV...) affirmèrent -et les banques centrales avec eux- que le phénomène était circonscrit au micro-segment des prêts "subprime" et ne présentait aucun caractère contagieux.

L'avis unanime était qu'il n'y avait aucun risque d'impact systémique... et que le scénario d'une récession -lié à la crise de l'immobilier- était parfaitement fantaisiste.
Il est facile à présent d'accuser la FED de "passivité", de critiquer le relèvement du Prime Rate jusqu'à 5,25% (le loyer de l'argent n'aurait jamais dû dépasser les 4,50% en 2006... comme en Europe).

Certains économistes craignent que l'initiative -anticipée- de la FED ne donne la pleine mesure de la gravité de la situation: cela sera-t'il suffisant pour prévenir une récession et restaurer la confiance ?
Mais dans un 1er temps, l'objectif consistant à éviter la matérialisation irérversible d'un "Krach" a été atteint: les vendeurs à découvert furent contraints de se racheter massivement... ce qu'ils firent d'autant plus volontiers que leurs gains étaient devenu colossaux depuis le 1er janvier.

Il faudra attendre mercredi matin pour déterminer si l'effondrement de -15% des places asiatiques en 48H constituait une phase de capitulation finale... où si le double des cours en un an à Shanghai appelle d'autres épisodes correctifs, sur fond de ralentissement prévisible de la croissance chinoise.
Aux niveaux actuels, Hong Kong (-8,65% mardi matin) a effacé la totalité de ses gains depuis le début du mois de février 2007... mais c'est encore loin d'être le cas à Shanghai.

Un mardi noir sera évité à Wall Street, les pertes furent contenues dès la réouverture et indices boursiers US reprennent en moyenne +2,5% sur leurs niveaux d'ouverture après 3 heures de cotations (de -3,5% à 11.635, le Dow Jones revient à 11.990 (-0,85%) et le Nasdaq repasse de -5 à -1,9%... ce qui constitue un écart presque "banal".

La chasse aux bonnes affaires est ouverte, en premier lieu sur les valeurs bancaires (+7,5% en moyenne à Paris après une baisse symétrique à l'ouverture).
A Wall Street, JP Morgan prend +2,5% alors que ses concurrents Bank of America (+3,6%) et Wachovia (+1,5%) ont annoncé une chute de -95 à -98% de leur bénéfice... histoire de ne pas faire état d'un trimestre déficitaire.
Toujours dans le même secteur, Bear Stearns rebondit de +5%, Morgan Stanley reprend +7,5% et Washington Mutual +10%.
Le réhausseur de crédit Ambac Financial, en perdition la semaine dernière s'envole de +35% après l'annonce de la FED... mais perd encore -65% sur les 5 dernières séances écoulées.

L'Euro, miné depuis lundi par les dégagements massifs qui s'opéraient sur les places européennes se redresse (de 1,4480 à 1,4620) avec l'abaissement massif du "Prime Rate" survenu à 14H20 aux Etats Unis.
Le Yen corrige symétriquement de -2% à 156,2/E après une poussée haussière vers 153E la veille (malgré les commentaires du ministère de l'économie japonaise qui s'attend à une croissance beaucoup moins vigoureuse que prévu à la lumière des derniers développements de la crise du "subprime" et des turbulences sur les marchés).

Dopées par l'assouplissement monétaire américain: les valeurs financières européennes se redressent au lendemain d'un plongeon spectaculaire.
Ainsi, Dexia signe la 3ème plus forte hausse de l'indice CAC avec un gain de 6,9%, devançant le Crédit Agricole (+6,6%), BNP Paribas (+6,3%) et Sté Générale (+5%).
Arcelor Mittal qui avait été lourdement sanctionné la veille (craintes d'une récession) terminait leader du CAC40, en hausse de 9%, Schneider (second du classement) progressait de +7% à 77E euros après avoir fait état d'une croissance organique record de 13,9% pour l'exercice 2007 et confirmé son objectif de croissance organique du chiffre d'affaires compris entre 6% et 8% pour l'année 2008.

EADS, tombé la veille sous les 16E reprenait 3,5% à 16,45E avec l'annonce de la signature d'un nouveau contrat.

A l'inverse, EDF décrochait de plus de 5,2% alors que la presse indique que l'Etat aurait décidé de bloquer la hausse des prix auprès des entreprises.
Gaz de France chute de -5,65% alors que la justice bloque provisoirement la fusion avec Suez (-2,5%) pour "complément d'information".

Au sein du CAC40, Alcatel Lucent subissait un nouveau laminage des cours (-10%) et rechutait vers 3,83E sur de nouvelles rumeurs -non commentées par la société- d'un abaissement imminnent de ses prévisions (le titre clôturait en repli de -4,7%) et Peugeot qui fut la seule composante du CAC40 à clôturer en hausse lundi (+2,7%), rechutait de -2,9% (le titre reste prisonnier d'un corridor 46/49E).

Enfin, il est signaler que l'once d'Or, tombée matinée vers 850$/Oz se redresse spectaculairement ce soir de +3% pour atteindre 890$... et la rechute du Dollar n'explique pas tout puisque le métal précieux avait entamé sa remontée dès 10H30 à Londres.

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Publié dans Bourse

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