La clôture à Wall Street
| LA CLÔTURE DE WALL STREET |
NEW YORK (Reuters) - Les valeurs américaines ont fini en nette baisse vendredi, de nouvelles informations jugées alarmantes pour la consommation alimentant les anticipations de récession aux Etats-Unis.
L'indice Dow Jones a perdu 1,92% ou 246,79 points à 12.606,30 points, tandis que l'indice élargi Standard & Poor's abandonnait 1,36% ou 19,31 points à 1.401,02 points et que le composite du Nasdaq reculait 1,95% ou 48,58 points à 2.439,94 points.
Sur la semaine, le Dow a perdu 1,5%, le S&P 0,8% et le Nasdaq 2,6%.
Les craintes de récession et de moindre consommation des ménages ont fait plonger les titres les plus divers, de la chaîne de restauration rapide McDonald's au joaillier Tiffany & Co en passant par le groupe de cartes de crédit American Express.
Les preuves d'une prudence accrue du consommateur ont été données vendredi avec l'annonce par la société de données SpendingPulse d'une baisse de 0,7% des dépenses de consommation en décembre hors ventes d'essence et d'automobiles.
"On s'attendait à ce que le consommateur ne dépense pas beaucoup et il dépense encore moins que ça", explique Fred Dickson, responsable des études sur le secteur de la distribution chez D.A. Davidson & Co à Lake Oswego. "Les marchés pensent récession actuellement."
McDonald's a perdu 6,62% à 54,32 dollars, les chiffres d'une enquête auprès de franchisés montrant des ventes à nombre de restaurants comparables en hausse de 1,8% seulement pour le mois de décembre, soit leur rythme de progression le plus faible depuis six ans.
Son concurrents Yum Brands, qui exploite les chaînes Taco Bell, Pizza Hut et KFC, a abandonné 6,82% à 36,34 dollars.
A contre-tendance, P.F. Chang's China Bistro s'est adjugé près de 12% à 24,36 dollars. La chaîne de restaurants a relevé son estimation de résultat pour le quatrième trimestre en raison d'un chiffre d'affaires supérieur aux prévisions réalisé en décembre.
QUELQUES FINANCIERES EN HAUSSE
American Express, deuxième émetteur de cartes de crédit aux Etats-Unis, a dévissé de plus de 10% à 44 dollars après un avertissement sur ses résultats et avoir fait état d'une hausse des défauts sur cartes de crédit . L'action n'avait pas été si maltraitée depuis la réouverture de la Bourse qui avait suivi les attentats du 11 septembre 2001.
Aux semi-conducteurs, le fabricant de puces pour téléphones mobiles RF Micro Devices a dégringolé de 25,7% à 3,73 dollars après avoir réduit ses perspectives de résultat pour son troisième trimestre fiscal, en raison principalement d'une moindre demande du fabricant de combinés de Motorola
Les fabricants de micro-processeurs et de semi-conducteurs en général Intel et AMD ont cédé 2,44% et 4,87%. Toujours aux technologiques, Apple a dévissé de 3% à 172,69 dollars.
Dans ce contexte, l'annonce du rachat du spécialiste du crédit immobilier Countrywide par Bank of America pour quatre milliards de dollars a semble-t-il rassuré les investisseurs, qui ont vu s'éloigner le scénario de l'une des plus grosses faillites déclenchées par la crise du "subprime".
Ce qui a redonné des couleurs à certaines financières, à l'image de Citigroup qui a gagné 1,6% à 29,02 dollars. Bear Stearns s'est adjugé 3,19%.
Merrill Lynch s'est pour sa part avancé de 5,11% à 54,69 dollars malgré des informations du New York Times selon lesquelles la banque d'investissement devrait accuser 15 milliards de dollars de pertes liées à des investissements malheureux sur le marché du crédit immobilier, soit quasiment le double de l'estimation originale communiquée par la direction
.
Countrywide, qui a flambé de plus de 50% jeudi, a en revanche reculé de 18,32% à 6,33 dollars. Bank of America a baissé de plus de 2% à 38,50 dollars.
L'action Tiffany a dégringolé de 11%, le joaillier ayant abaissé sa prévision de bénéfice pour l'exercice à la suite d'une diminution de 2% de ses ventes aux Etats-Unis à périmètre comparable en novembre-décembre pour les fêtes de fin d'année .