La clôture à Wall Street
| LA CLÔTURE DE WALL STREET |
NEW YORK (Reuters) - Wall Street a fini en forte baisse vendredi, les chiffres décevants de l'emploi en décembre ayant renforcé les craintes d'une récession aux Etats-Unis.
L'indice Dow Jones a abandonné 1,96% ou 256,54 points à 12.800,18 points, l'indice élargi Standard & Poor's 500 reculant de 2,46% ou 35,53 points à 1.411,63 points.
L'indice composite du marché Nasdaq a dévissé de 3,77% ou 98,03 points, à 2.504,65 points. Il s'agit de sa sixième séance de baisse et de son plus fort recul depuis celui du 27 février dernier. L'indice est en baisse de plus de 10% par rapport à son niveau du 31 octobre dernier, qui était le point haut des 52 semaines précédentes.
Sur la semaine, le Dow a perdu 4,23%, le S&P 4,52% et le Nasdaq 6,34%.
Une seule valeur de l'indice Dow Jones était en hausse vendredi : Coca-Cola avec un gain de 0,19% à 61,85 dollars.
L'économie américaine n'a créé en décembre que 18.000 emplois, bien moins que les 70.000 prévus, tandis que le taux de chômage national a grimpé à 5%, son plus haut niveau des deux dernières années.
Cette déception a été à peine atténuée par l'annonce d'une baisse moins forte que prévu de l'indice ISM des services en décembre aux États-Unis, à 53,9 contre 54,1 en novembre et 53,5 attendu.
Le marché a estimé que ces chiffres étaient annonciateurs d'un ralentissement plus marqué que prévu de l'économie américaine même si cette statistique renforce également les anticipations de baisses des taux d'intérêt de la part de la Réserve fédérale des Etats-Unis.
"Ces chiffres confirment à mes yeux que nous allons voir les taux d'intérêt baisser au moins jusqu'à fin du premier semestre 2008. La grande question maintenant est de savoir si de telles baisses suffiront à relancer l'économie, ou si nous prenons le chemin d'une récession", résume Alan Lancz, de chez Alan B. Lancz & Associates
"Les chiffres de l'emploi montrent que nous n'avons pas les emplois, et si on n'a pas les revenus du travail, les consommateurs ne vont pas dépenser", estime Gary Shilling, chez A. Gary Shilling. "Je ne pense pas qu'il fasse grand doute que nous soyons en récession."
INTEL DEVISSE
Les grandes valeurs baromètres de l'économie ont perdu du terrain, mais aussi les technologiques, les investisseurs estimant qu'en récession, les entreprises investissement moins dans ce secteur.
Le constructeur d'engins de chantier Caterpillar a lâché 2,3% à 68,53 dollars.
Intel a dévissé de 8,11% à 22,67 dollars. Le numéro un mondial des semi-conducteurs a souffert d'une nouvelle baisse de recommandation. Celle-ci, émanant de JP Morgan, incite aux prises de bénéfices sur une valeur qui a flambé de plus de 30% en 2007. Mercredi, c'est Banc of America qui avait abaissé son conseil sur la valeur. Depuis mercredi, Intel s'est déprécié de plus de 15%.
L'indice des semi-conducteurs de la Bourse de Philadelphie a perdu 4,71%.
Les valeurs liées aux services de recrutement ont perdu du terrain. L'indice Standard & Poor's HR Employment Services a perdu 3,34%. Manpower a abandonné plus de 4%, Monster Worldwide 4,14% et Kelly Services 3%.
Selon l'analyste de Bear Stearns, Andrew Steinerman, le sentiment des investisseurs au sujets des valeurs liées à l'intérim n'a pas été "aussi mauvais depuis longtemps". Selon lui, le niveau actuel des actions du secteur suggère que les investisseurs chiffrent à 80% au minimum la probabilité d'une récession.
A la distribution, Bed Bath & Beyond a cédé 4,42% à 26,19 dollars. Le distributeur de mobilier résidentiel a fait état jeudi après la clôture de prévisions inférieures aux attentes de Wall Street.
Les valeurs des grands magasins étaient également à la peine. Macy's a dégringolé de 5% et JC Penney de 5,5%.