La clôture à Wall Street
| LA CLÔTURE DE WALL STREET |
par Jennifer Coogan
NEW YORK (Reuters) - Wall Street a terminé en baisse lundi mais les marchés boursiers américains affichent pour l'ensemble de 2007 une progression modeste, la hausse des secteurs de l'énergie et des hautes technologies ayant plus que compensé la chute des valeurs financières, conséquence de la crise du crédit immobilier.
Le Nasdaq Composite affiche une performance annuelle nettement supérieure à celle de l'indice large Standard & Poor's 500 bénéficiant de sa forte pondération en valeurs technologiques. Celles-ci ont notamment bénéficié de la dépréciation du dollar, qui a dopé leurs ventes hors des Etats-Unis, et de leur endettement relativement limité, qui leur a épargné pour l'essentiel les effets de la dégradation des conditions du crédit.
La crise du "subprime" a au contraire frappé de plein fouet les banques, les sociétés de crédit immobilier, les spécialistes du rehaussement de crédit ou encore les promoteurs et les constructeurs, dont certains ont perdu plus de la moitié de leur valeur sur l'année écoulée.
La dégradation du marché du logement a en outre pesé sur la confiance des ménages, affectant par ricochet les performances boursières des valeurs de la distribution.
"En 2007, si vous n'étiez pas très exposé aux financières ou aux valeurs de grande consommation, vous avez sans doute vécu une assez bonne année", résume Matt Kaufler, gérant chez Clover Capital.
Sur l'ensemble de 2007, le Nasdaq aura gagné 9,8%, le S&P 500 3,5% et le Dow Jones 6,4%.
MAUVAIS TRIMESTRE
Mais sur le quatrième trimestre, les trois grands indices américains affichent une baisse, de 4,5% pour le Dow, de 3,9% pour le S&P et de 1,8% pour le Nasdaq. Pour le S&P comme pour le Dow, il s'agit de la plus mauvaise performance trimestrielle depuis le troisième trimestre 2002.
Au cours de la seule séance de lundi, l'indice Dow Jones a subi un repli de 101,05 points, soit 0,76%, à 13.264,82. Le Standard & Poor's 500, lui, a abandonné 10,13 points, soit 0,69%, à 1.468,36 et le Nasdaq Composite a cédé 22,18 points, soit 0,83%, à 2.652,28.
Le mois de décembre se solde par une baisse de 0,8% du Dow, de 0,9% du S&P et de 0,3% du Nasdaq.
Les volumes sont restés nettement inférieurs à la moyenne en cette veille de Nouvel An, l'absence de nombreux investisseurs partis en congés s'ajoutant à la retenue encouragée par un contexte économique incertain et par le regain de tensions géopolitiques après l'assassinat de Benazir Bhutto au Pakistan.
Les investisseurs ont préféré acheter des obligations d'Etat et vendre des valeurs ayant bien progressé cette année, afin d'engranger des profits de dernière minute.
Plusieurs des grandes valeurs qui ont nourri la hausse des grands indices ces douze derniers mois ont ainsi subi ce lundi des prises de profits, à l'instar d'Exxon Mobil, en hausse de plus de 22% sur l'ensemble de 2007, qui a cédé 1,38% à 93,69 dollars, ce qui en fait le principal contributeur à la baisse du S&P sur la journée.
Son concurrent Chevron, qui a pris près de 27% en 2007, a perdu 1,61% à 93,33 dollars.
APPLE A GAGNÉ 134% EN 2007
Du côté des technologiques, Apple a abandonné 0,88% à 198,08 dollars mais affiche encore un bond de près de 134% sur l'ensemble de l'année.
Research In Motion a abandonné 3,03% ce lundi à 113,40 dollars.
En cours de séance, Wall Street a brièvement réduit ses pertes après la publication du chiffre des reventes de logements aux Etats-Unis en novembre, légèrement supérieur au consensus, à 5,00 millions. L'indice Dow Jones du secteur de la construction a progressé de 1,28%.
Parmi les valeurs en vue, Merrill Lynch, en baisse en début de journée, a fini sur une progression de 1,34% à 53,68 dollars après l'article d'un quotidien britannique évoquant des discussions avec des fonds souverains de Chine et du Moyen-Orient en vue d'une nouvelle recapitalisation.
De son côté, Delta Petroleum, un spécialiste de la prospection de gaz et de pétrole, a bondi de 21,53% à 18,85 dollars après l'annonce de l'entrée à son capital de Tracinda, holding de l'homme d'affaires Kirk Kerkorian, à hauteur de 35%.
Les volumes d'échanges ont été exceptionnellement bas avec environ 1,15 milliard de titres échangés sur le New York Stock Exchange, contre 1,84 milliard en moyenne l'an dernier, et 1,52 milliard sur le Nasdaq, à comparer à une moyenne quotidienne 2006 de 2,02 milliards.
Wall Street restera fermée mardi pour rouvrir mercredi, avant la publication, le même jour, du compte-rendu de la dernière réunion de la Réserve fédérale et deux jours avant celle des chiffres mensuels de l'emploi.