La clôture de Wall Street
| LA CLÔTURE DES MARCHÉS AMÉRICAINS |
par Ellis Mnyandu
NEW YORK (Reuters) - Wall Street a clôturé en baisse sensible mercredi, sa tentative de rebond de la veille ayant fait long feu à cause des risques que le nouveau record du brut et la perspective de nouvelles turbulences sur les marchés du crédit représentent pour l'économie et les bénéfices des entreprises.
L'indice Dow Jones des trente principales valeurs a terminé en baisse de 2,64%, soit 360,92 points, à 13.300,02, l'indice élargi Standard & Poor's 500 a perdu 2,94% (44,65 points) à 1.475,62 et le composite du marché Nasdaq, à forte composante technologique, a abandonné 2,7% (76,42 points) à 2.748,76.
Le S&P-500 n'avait pas connu pareille baisse en pourcentage depuis le mois d'août dernier.
Les valeurs financières ont été particulièrement malmenées. Non seulement le procureur général de New York a adressé des injonction à témoigner aux deux géants américains du refinancement immobilier Fannie Mae et Freddie Mac dans le cadre d'une enquête sur des soupçons de surévaluation de biens immobiliers , mais Washington Mutual, numéro un américain de l'épargne et du crédit, a également dégringolé de 17,3% à 20,04 dollars après avoir prévenu que la crise de l'immobilier durerait pendant une bonne partie de 2008.
Le groupe, dont l'action n'avait pas autant chuté depuis septembre 2001, a également estimé que les pertes sur créances allaient encore augmenter et que les crédits logements étaient partis pour tomber à un plus bas de huit ans.
Ce type de constat fait craindre d'autres pertes pour dépréciations, alors que les grands noms de la banque ont déjà passé d'importantes provisions de ce type, ce qui a plombé leurs résultats du troisième trimestre. Citigroup, première banque américaine, a terminé en baisse de 4,8% à 33,41 dollars tandis que le premier assureur AIG a dévissé de 6,1% à 33,95 dollars, les investisseurs craignant de mauvaises surprises lors de la publication des trimestriels du groupe après la clôture.
L'indice S&P des valeurs financières a chuté de 5%.
LE BRUT AJOUTE AUX CRAINTES
Rares sont les valeurs qui ont été épargnées, puisque pour une action en hausse sur le Nyse, on en comptait dix en baisse.
Le constructeur automobile General Motors a lâché 6,1% à 33,95 dollars après avoir annoncé au titre du troisième trimestre la plus lourde perte de son histoire, creusée par une charge exceptionnelle de 39 milliards de dollars.
Les craintes ambiantes pour l'économie et les marges des entreprises ont également été avivées par les nouveaux records inscrits sur le marché pétrolier, où le brut léger américain a franchi la barre des 98 dollars le baril, avant de se replier.
"Je pense que le pétrole pourrait atteindre 100 dollars dès demain. Les marchés actions sont très inquiets, à cause également de la faiblesse du dollar - qui a touché un nouveau plus bas record face à l'euro - et il faut ajouter à cela les craintes entourant le subprime", résume Ernest Csak, de Knight Equity Markets.
"Quand on lira: baril à 100 dollars, je pense que le consommateur réagira de manière épidermique et réduira ses dépenses", ajoute-t-il.
Cette perspective a pesé sur le compartiment de la distribution, la chaîne de magasins de bricolage Home-Depot abandonnant notamment 2,4% à 29,34 dollars.
La hausse de la facture en carburant a affecté par ailleurs les grands consommateurs, comme la maison mère de la compagnie aérienne American Airlines, AMR, qui a perdu 2,32% à 21,52 dollars, ou encore l'industriel 3M qui a trébuché de 2,5% à 83,27 dollars.