La clôture à Wall Street
| LA CLÔTURE DE WALL STREET |
par Kristina Cooke
NEW YORK (Reuters) - Wall Street a terminé en fort recul jeudi et effacé ses gains engrangés la veille dans le sillage de la décision de la Fed, des baisses de recommandations sur les deux premières banques américaines ayant fait dévisser l'ensemble des valeurs financières en relançant les craintes sur l'impact réel des difficultés des marchés de crédit.
L'indice Dow Jones des trente principales valeurs a clôturé en repli de 2,6%, soit 362,14 points, à 13.567,87, alors qu'il s'était adjugé 1% a veille.
L'indice élargi Standard & Poor's 500 a perdu quant à lui 2,64% (40,94 points) à 1.508,44. Il n'avait pas connu une aussi forte baisse en pourcentage depuis le 9 août, début des turbulences qu'ont traversé les marchés mondiaux de crédit.
Le composite du marché Nasdaq, à forte pondération technologique, a abandonné de son côté 2,25% (64,29 points) à 2.794,83 alors qu'il s'était offert mercredi 1,51%.
Le sous-indice S&P des valeurs financières a accusé lui aussi sa plus forte baisse depuis le 9 août, quand la crise du crédit induite par les défauts en cascade observés sur le marché américain du "subprime" avait commencé à faire les gros titres à l'étranger, en Europe notamment. L'indice a dévissé de 4,64%.
A l'origine de ce retour des craintes sur les retombées des turbulences des marchés de crédit, CIBC World Markets a abaissé sa recommandation sur Citigroup à "sous-performance" en raison d'inquiétudes sur les perspectives financières de la première banque américaine. Selon l'intermédiaire, Citi pourrait être contrainte de céder des actifs, d'augmenter son capital ou de réduire son dividende pour améliorer ses ratios financiers.
Crédit suisse est venue à son tour abaisser sa recommandation sur Citigroup.
CIBC a fait de même sur Bank of America, la deuxième banque des États-Unis, dont elle attend une dégradation des perspectives de revenus. Citigroup a chuté de 6,9% à 38,51 dollars et Bank of America a trébuché de 5,32% à 45,71.
"L'information sur Citigroup a secoué tout le monde", résume Michael Pento, stratège chez Delta Global Advisors
"De surcroît, la Fed pourrait maintenant s'en tenir au statu quo, et sans l'apport de nouvelles liquidités, par le biais d'une détente de la politique monétaire, l'économie n'a plus qu'à compter sur elle même, et ce n'est pas gagné, d'autant plus que l'inflation n'a pas disparu."
LA FED DEJA OUBLIÉE, EXXON, GM ET FORD MALMENÉS
Les marchés actions américains ont donc plus qu'effacé leurs gains de la veille, quand ils avaient salué la décision de la Fed, même largement anticipée, de baisser de nouveau son principal taux directeur de 25 points de base à 4,5%.
Les investisseurs avaient en revanche modérément apprécié les propos accompagnant cette décision. La Fed a estimé que les risques entourant l'économie, entre ralentissement de la croissance et poussée d'inflation, étaient actuellement équilibrés, ce qui n'a pas laissé augurer de nouvel assouplissement monétaire dans l'immédiat.
Wall Street a également été pénalisée par les résultats décevants d'Exxon Mobil, l'un des derniers géants de la cote à publier ses chiffres pour la saison en cours.
La première compagnie pétrolière mondiale cotée a fait état d'un bénéfice trimestriel en baisse plus forte que l'attendaient les analystes, en raison de marges étroites dans la production d'essence et d'une baisse des prix du gaz naturel sur la période. Le titre Exxon a perdu 3,79% à 88,50 dollars,
Les constructeurs automobiles General Motors et Ford ont pour leur part abandonné respectivement 4,95% à 37,25 dollars et 4,2% à 8,50 après avoir fait état chacun d'une baisse de leurs ventes aux États-Unis au mois d'octobre.
L'agenda économique du jour a par ailleurs réservé une mauvaise surprise, avec l'annonce d'une dégradation de la croissance industrielle le mois dernier, selon l'indice ISM manufacturier, tombé à son plus bas niveau depuis mars à cause du durcissement des conditions de crédit et du ralentissement du marché de l'immobilier.