La clôture à Wall Street
| LA CLÔTURE DE WALL STREET |
NEW YORK (Reuters) - Les valeurs américaines ont terminé en forte baisse vendredi, les investisseurs, inquiets pour l'état de l'économie américaine après les résultats décevants publiés par plusieurs poids lourds de la cote, prenant leur bénéfice, 20 ans après le krach boursier de 1987.
L'indice Dow Jones, dont aucune des 30 valeurs n'a terminé dans le vert, a perdu 2,64% ou 366,94 points, à 13.522,02 points. L'indice Standard & Poor's 500, référence des gérants de fonds, a reculé de 2,56% ou 39,45 à 1.500,63 points.
L'indice composite du marché Nasdaq a fini sur une baisse d'ampleur comparable, de 2,65% ou 74,15 points, à 2.725,16 points.
L'atmosphère était d'autant plus à la morosité que cette baisse boursière a coïncidé avec le 20e anniversaire du fameux "Lundi noir". Ce jour-là, le lundi 19 octobre 1987, l'indice Dow Jones avait dégringolé de 23%. Cette chute reste à ce jour la plus forte jamais enregistrée par l'indice vedette de Wall Street.
La baisse de vendredi est la plus forte en pourcentage pour le Dow et le S&P depuis le 9 août, le jour où la Banque centrale européenne avait dû injecter des fonds dans le système bancaire pour calmer les marchés après l'annonce par BNP Paribas du gel de trois fonds qui avaient investi sur le marché américain des crédits immobiliers à risque.
Le Nasdaq n'avait pas autant reculé depuis la chute de tous les marchés le 27 février dernier.
Sur la semaine, le Dow a cédé 4,1%, le S&P 3,9% et le Nasdaq 2,9%. Il s'agit de la plus mauvaise performance boursière du Dow et du S&P depuis la dernière semaine de juillet.
CATERPILLAR PARLE DE RÉCESSION
L'environnement des marchés des changes et du pétrole a également joué également sur le moral de la place américaine avec un dollar toujours faible et un brut léger propulsé un temps au-delà de 90 dollars.
"Il y a eu des résultats décevants de certains industriels comme Caterpillar. Le marché essaie d'évaluer la force de l'économie, de voir si nous sommes partis pour un atterrissage en douceur ou si nous nous dirigeons vers une récession", résume Jeffrey M. Mortimer, chez Charles Schwab Investment Management, à San Francisco.
"C'est plutôt mauvais", renchérit Bill Strazzullo, chez Bell Curve Trading à Boston. "Une société comme Caterpillar devrait être une image de la croissance mondiale et bénéficier de la baisse du dollar. Cela vous fait vous interroger. La croissance mondiale est-elle si forte que cela ? Est-ce que le coup de pouce donné aux résultats par la faiblesse du dollar s'est dégonflé ?"
Caterpillar, leader mondial des engins de chantier, a affiché un recul de 3% de son bénéfice sur la même période et revu à la baisse ses prévisions pour 2007 . Le groupe a également déclaré que plusieurs secteurs parmi sa clientèle étaient en récession. Son directeur financier estime à 50% la probabilité d'une récession aux Etats-Unis l'an prochain.
A la Bourse de New York, Caterpillar a dégringolé de 5,27% à 73,57 dollars.
3M, autre société considérée comme un baromètre de l'économie de par la diversité de sa clientèle, a vu son cours de Bourse chuter de 8,56% à 86,62 dollars.
Le conglomérat diversifié a fait état d'un bénéfice trimestriel supérieur au consensus Reuters Estimates mais doit affronter la manifestation de déceptions sur son activités de cristaux liquides (LCD) .
LA DÉBÂCLE DES FINANCIÈRES
Aux financières, Wachovia, quatrième banque des Etats-Unis, a fait état d'un recul de 10% de son bénéfice au troisième trimestre, pénalisée par une provision pour dépréciation de 1,3 milliard de dollars dans sa branche de banque d'affaires, conséquence de la crise du "subprime" et de ses répercussions sur le marché du crédit interbancaire.
Wachovia a fini en repli de 3,68% à 46,37 dollars.
L'indice S&P des financières a perdu 2,93%. L'indice est dans le rouge pour la semaine après les résultats de grands groupes bancaires comme Citigroup et Bank of America, ce qui n'avait pas été le cas depuis la baisse des taux d'intérêt décidée par la Réserve fédérale le 18 septembre pour amortir les conséquences négatives nés de la crise du crédit.
D'autres valeurs ont été sanctionnées après la publication de leurs comptes trimestriels à l'instar de Honeywell International (-3,9%) et de Schlumberger (-11% à 99,32 dollars).
Le premier groupe parapétrolier mondial a publié un bénéfice net trimestriel en hausse de 35% et supérieur au consensus mais ses résultats jugés décevants en Amérique du Nord ont pesé sur son cours de Bourse.
Dans ce contexte soudain très assombri, rares ont été les valeurs à avoir pu gagner du terrain. Une exception notable, Google qui a grignoté 0,8% à 644,71 dollars après avoir publié un bénéfice trimestriel en augmentation de 46% et supérieure aux attentes des analystes financiers.
Biogen, qui a annoncé il y a une semaine chercher un repreneur, s'est adjugé 1,15% à 80,22 dollars.