La clôture à Wall Street
NEW YORK (Reuters) - Les marchés boursiers américains ont terminé en net recul mardi, plombés une nouvelle fois par les craintes liées au crédit et à la croissance économique, des préoccupations soulignées par la Réserve fédérale dans le compte-rendu de sa dernière réunion.
L'indice Dow Jones a fini sur un repli de 280,28 points, soit 2,1%, à 13.041,85. L'indice large Standard & Poor's 500 a abandonné pour sa part 34,43 points, soit 2,35%, à 1.432,36 et le Nasdaq Composite, à forte composante technologique, a cédé 60,61 points (-2,37%) à 2.500,64.
Le marché a accentué son recul en fin de séance après la publication du compte-rendu de la réunion du 7 août de la Fed, obligeant même les autorités du New York Stock Exchange à activer les "coupe-circuit" électroniques destinés à éviter un emballement de la baisse.
Le compte-rendu de la Fed montre que la banque centrale s'inquiétait dès le 7 août, donc avant les fortes turbulences sur les marchés financiers, d'une possible détérioration des perspectives de croissance.
La Fed a conclu alors qu'une détérioration supplémentaire de la situation financière pourrait justifier une modification de sa politique.
"L'élément dont la Fed a pris acte, c'est que la crise de l'immobilier pourrait durer plus longtemps que prévu; ce n'est pas une surprise, mais quand c'est la Fed qui le dit, cela gagne en crédibilité", a commenté Georges Yared, responsable de la stratégie d'investissement de Yarde Investment Research.
FINANCIÈRES ET PÉTROLIÈRES SANCTIONNÉES
Les motifs de préoccupation évoqués par les "minutes" de la Fed ont été confirmés par deux indicateurs publiés ce mardi, avec l'annonce d'une nouvelle baisse des prix dans l'immobilier au deuxième trimestre , la plus marquée depuis au moins 20 ans, et celle d'un repli de la confiance des ménages en août, à son plus bas niveau depuis un an .
L'indice Dow Jones du secteur de la construction résidentielle a décroché de 4,9%.
Autre facteur de baisse, le secteur financier a souffert de la révision d'"acheter" à "neutre" de la recommandation de Merrill Lynch sur Lehman Brothers, Bear Stearns et Citigroup, soulignant le risque de voir les turbulences sur le marché du crédit peser sur les résultats du secteur.
Lehman a cédé 6% à 54,28 dollars, Bear Stearns 3,37% à 108,42 et Citigroup 3,45% à 46,14. Merrill a pour sa part perdu 3,9% à 72 dollars.
Le géant de la gestion de fonds pour le compte d'investisseurs institutionnels State Street a lui décroché de 4,26% à 61,16 dollars après un article du Times britanniques évoquant une importante exposition du groupe au marché des "conduits", les papiers commerciaux titrisés.
Les valeurs de l'énergie ont aussi tiré les grands indices à la baisse, conséquence du repli des cours du brut alimenté par les craintes de ralentissement de la croissance. Exxon Mobil a abandonné 2,49% à 83 dollars.
Unique hausse - et de justesse - parmi les 30 valeurs du Dow Jones, Home Depot a de nouveau bénéficié du soulagement lié à la finalisation de la cession de sa division HD Supply pour 8,5 milliards de dollars, soit une ristourne de 17% sur le prix initial. Le titre a gagné 0,06% à 35,05 dollars après être monté à 35,56.
Le producteur d'or Newmont Mining a quant à lui profité de rumeurs d'OPA de Barrick Gold, pour s'adjuger 1,53% à 41,07 dollars en dépit d'un démenti de Barrick, dont l'action cotée à New York a cédé 4,08% à 30,82.
Les volumes d'échanges ont été relativement peu nourris avec environ 1,4 milliard de titres échangés sur le New York Stock Exchange, contre 1,84 milliard en moyenne l'an dernier, et 1,6 milliard sur le Nasdaq, à comparer à une moyenne quotidienne 2006 de 2,02 milliards.