La clôture à Wall Street
LA CLÔTURE DE WALL STREET |
Déjà affectée en journée par les craintes que la fermeté du pétrole fait planer sur la croissance, Wall Street a creusé ses pertes après la publication des dernières minutes de la Fed laissant entendre que de nouvelles hausses des taux d'intérêt pourraient être nécessaires.
L'indice Dow Jones des trente principales valeurs a clôturé en baisse de 0,71%, soit 89,23 points, à 12.484,62, interrompant ainsi une série de huit séances de gains d'affilée, la plus longue en quatre ans mais marquée certains jours par des hausses très légères. L'indice, qui a accusé mercredi sa plus forte baisse en pourcentage sur une journée depuis deux semaines, est parvenu cependant à finir au-dessus de ses plus bas du jour puisqu'il a perdu un temps plus de 100 points.
L'indice élargi Standard & Poor's 500 a abandonné quant à lui 0,66% (9,52 points) à 1.438,87 et le composite du marché Nasdaq, à forte composante technologique, a terminé en repli de 0,74% (18,30 points) à 2.459,31. Il a perdu un moment plus de 1% dans le sillage immédiat des minutes de la Fed.
Le compte-rendu de la dernière réunion de politique monétaire de la banque centrale américaine est contradictoire. D'un côté, la Fed confirme que les incertitudes actuelles sur les perspectives de croissance et d'inflation l'ont amenée à supprimer dans son communiqué la référence à la seule hypothèse d'un resserrement de sa politique, élargissant ainsi la marge dont elle dispose et gardant désormais ouvertes toutes ses options.
Mais elle a également insisté pour dire que l'inflation obstinément élevée constituait à ses yeux le principal risque, et qu'un durcissement de sa politique monétaire pourrait toujours s'avérer nécessaire .
"Les minutes ont ramené les investisseurs à la réalité, leur rappelant que si les choses continuent ainsi et que des pressions inflationnistes subsistent, la Fed n'a pas l'intention de laisser faire", commente Doug Roberts, stratège chez Channel Capital Research.
FERMETÉ DE L'ESSENCE, INQUIÉTUDES POUR LE SUBPRIME
Malgré les propos rassurants de responsables de la Fed sur la crise du "subprime", les inquiétudes persistantes sur ce segment du marché du crédit immobilier réservé aux acquéreurs "à risque" ont également pesé sur la cote.
Le géant financier Citigroup a perdu pour sa part 1,15% à 51,80 dollars, les investisseurs prenant leurs bénéfices sur la valeur après l'annonce de 17.000 suppressions d'emplois, soit 5% des effectifs de Citigroup. Cette restructuration, attendue depuis plusieurs semaines, avait permis au titre de s'adjuger 7,5% depuis la mi-mars.
Le sous-indice des valeurs financières a fini en baisse de 0,77%, et celui de la construction a trébuché de 1,92%.
Pour ces deux compartiments, la perspective d'une hausse des taux de la Fed est venue s'ajouter à un avertissement de l'Association nationale des agents immobiliers (NAR) selon laquelle un durcissement des normes de crédit pour lutter contre la multiplication des défauts de paiement risquait de ralentir la reprise du marché américain de l'immobilier. Les demandes de crédits logement ont en outre baissé pour la quatrième semaine d'affilée.
La crise du "subprime" exerce une menace sur le pouvoir d'achat des consommateurs américains, tout comme la fermeté du brut et le bond des contrats sur l'essence à un plus haut de huit mois après l'annonce d'une baisse plus forte que prévu des stocks américains de carburant . Le brut léger US a gagné pour sa part 0,15% à 61,98 dollars.
Faute d'indicateur majeur à l'agenda du jour, les intervenants attendent surtout les résultats de sociétés de cette nouvelle saison de trimestriels.
Le leader mondial de l'aluminium Alcoa a gagné 0,52% à 35,08 dollars après avoir ouvert la veille au soir le bal des publications d'entreprises aux Etats-Unis en faisant état d'un bénéfice trimestriel en hausse de 9% grâce .