Analyse Eur/Usd pour le 04/10
1.34, 1.35, 1.36, 1.37… L’Euro n’en finit plus de grimper ! Pourtant, à moins de se
satisfaire d’une analyse purement chartiste, bien malin est celui qui pouvait anticiper
une telle envolée. Quoi qu’il en soit, celle-ci ne pouvait certainement pas se prédire à
l’étude des fondamentaux.
La crise de la dette gangrène le Vieux-Continent. La santé budgétaire des pays
périphériques tels que la Grèce, l’Espagne, le Portugal ou l’Irlande ne s’améliore pas
et le secteur bancaire montre toujours des signes de faiblesse. Pour mieux illustrer la
situation, l’agence Moody’s vient de dégrader la note de Madrid et une banque
irlandaise est en faillite, obligeant Dublin à intervenir et à creuser encore un peu plus
son déficit.
Alors pourquoi la monnaie unique s’apprécie ?
Une des explications réside probablement dans l’attentisme de la Banque Centrale
Européenne, et en particulier de son président Jean-Claude Trichet. Le taux directeur
se stabilise à 1% tandis que celui de la Federal Reserve (FED) et de la Bank of Japan
(BoJ) se situent proches de 0. Ce manque de souplesse dans la politique monétaire
de l’institution européenne se confirme actuellement. Alors que le Japon intervient
massivement sur sa monnaie pour freiner sa hausse et relancer ses exportations et
que la FED, de manière plus habile, alimentent les spéculations autour de nouvelles
mesures d’assouplissement pour maintenir une pression permanente sur le billet vert,
la BCE subit. Et les interventions publiques de son président, dont le souci principal
reste la lutte contre l’inflation, ne semble pas avoir pour but d’inverser la tendance.
Tant pis pour la relance.
Graphiquement, l’orientation devient haussière à moyen terme et l’Euro retrouve ses
niveaux du mois de mars dernier. Pourtant, nous confirmons qu’il est périlleux de
passer acheteurs contre les fondamentaux et restons donc à l’écart de la parité.